Une histoire de cloches

Une histoire de cloches :

On était en 1858, l’église de la Chabanne venait de se doter d’un clocher tout neuf, couvert en ardoise (par les soins d’un couvreur de Vichy : St Robier). Mais quelle honte, garni seulement d’une cloche de 40 kgs … et fendue…

Il fallait refaire la quête… et on pût y ajouter cette même année deux autres cloches (sorties des ateliers Burdin, fondeur à Lyon). C’était mieux, mais insuffisant, car, amour propre aidant, il fallait se mesurer avec le carillon des cloches environnantes…

On fit avec jusqu’en 1865 où l’on en pendit deux autres, mais des belles… l’une de 331 kgs dont les parrains et donateurs furent J.B. Presle de Brunard, l’autre de 839 kgs eut pour parrain François Mazioux de Ramillard et marraine Marie Presle de Chaudagne, épouse de Claude Antoine Presle… que nous retrouverons bientôt dans une autre circonstance.

Mais le clocher de 1865 n’est pas celui d’aujourd’hui, car la population augmentait, il fallait allonger la nef et déplacer le clocher… Celui d’aujourd’hui fut inauguré le 21 octobre 1900, l’entrepreneur de maçonnerie ayant été Léon Bigay de Laprugne et les quatre cloches remontées à leur place actuelle…

La grosse n’était mise en branle qu’occasionnellement car comme disait le sacristain de l’époque : elle sert surtout en cas de déclaration de guerre, d’incendie, d’orage de grêle, de visite de l’évêque, ou de toutes autres calamité.

Mais le 8 mai 1945, elle s’en donna à cœur joie et les quatre carillonnaient éperdument, toute la bande de gars que nous étions, pendue aux cordes…

Pauvre grosse cloche, qui depuis 1950, ne fait plus qu’à prêter son dos au marteau du mécanisme sonnant l’angélus trois fois par jour…

Car c’est à cette date que, à l’occasion du centenaire de la commune, les trois « normales » furent électrifiées (mues par un moteur électrique.

Une fête, soigneusement préparée, et bien réussie, par un grand beau temps de mi-août, permis de réunir les fonds nécessaires… Elle se permit aussi de réunir quelques cœurs qui étaient à prendre… Mais là, je crains d’en avoir déjà trop dit…

J’ajouterai, sans rire, que l’évêque lui-même était présent… muni de son goupillon, il bénit tout ce qu’on lui présenta… c’était un jovial bourguignon… « La Grandeur » n’hésita pas non plus à inaugurer le petit train, qu’on avait installé « la Chabanne – le Quanquillon » (mais qui s’arrêtait en chemin),toutes draperies violettes flottant au vent…

Pour plus de renseignements, s’adresser aux personnes de plus de 75 ans, encore vivantes… et saines d’esprit, s’il en reste…

Robert Gay